(première édition épuisée)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

Les nouvelles

de   Grenoble      Janvier 2003

 

[...] Le récit de "Cruelle douceur" a pour cadre le manoir familial de Bretagne, entouré de fermes et de prés salés, où la petite Marie venait passer ses vacances estivales, au milieu d'une nuée de cousins et sous le regard étouffant de trois aïeules confites dans les principes hérités de la grande bourgeoisie.   [...]  Dans le lieu merveilleux de son enfance, Marie Billet vivra le désanchantement du monde en se heurtant à la dure cloison érigée entre les classes sociales.  [...]  Pour restituer son passé, elle s'est appliquée à un exercice de précision, usant de phrases plutôt longues, enrobées d'adjectifs et un rien contournées pour rendre mieux l'atmosphère de l'époque. [...]  Elle a en tête un autre récit et attend que l'hiver soit bien installé pour commencer, une saison qu'elle dit plus propice aux réminiscences...

Jean-Pierre Chambon

I s è r e   M a g a z I n e   Novembre 2002

[...] La grenobloise Marie Billet signe avec ce premier roman un récit subtil sur la perte de l'innocence. Dans ce paradis breton où l'enfant retrouve chaque été une nuée de cousins, d'aïeuls et de parents, tout est calme, ordonné, cloisonné. A la douceur des paysages, se mêle celle des plaisirs de l'enfance, dont la peinture, sensible et juste, est délectable. [...] L'enchantement de l'enfance sera brisé par une prise de concience salutaire.

 

  Septembre 2002

Edgar DEGAS prétendait qu'il faut faire un tableau comme on commet un crime. Nul doute que c'est à ce genre d'injonctions que Marie BILLET a songé, en composant ce court récit, dont on ne saurait trop jurer du statut. Fiction ou autobiographie? II s'est en tous les cas agi pour l'auteur (comme il s'agit toujours pour chacun d'entre nous) de régler ses comptes avec son passé. Mais nous sommes loin du venin domestique de MAURIAC ou du «Familles, je vous hais!» de GIDE. Car si ce tableau est un crime, c'en est alors un véniel, tant l'auteur assortit son étrillage d'émotion attendrie. C'est ainsi : nous ne détestons bien que ce qui est nôtre ; mais cette détestation démontre à quel point nous sommes attachés à ce qui pétrit notre existence, même si c'est à notre corps défendant.
Cependant, il est des crimes affectueux, ainsi que l'affiche la «cruelle douceur» du titre de ce livre. Belfortaine de naissance, mais Grenobloise d'adoption, Marie BILLET (ou, du moins, la narratrice qui parle par sa bouche) tient la chronique acidulée, voire acide, des vacances d'été de ses jeunes années, dans le manoir breton de sa bonne-maman. Usant d'un style ouvragé (peut-étre un peu trop, d'ailleurs, pour rendre tout à fait la cruauté invoquée dans l'intitulé), elle se remémore l'univers très vieille France de ses aïeules, les carcans moraux de leur existence corsetée, l'«atmosphère lourde et tendue» de cette lignée, où se marier avec un divorcé condamnait au bannissement et où le monde s'arrêtait à l'infranchissable frontière du portail : d'un côté, l'ordre du manoir ; et de l'autre, le chaos des barbares - fermiers et bonnes à tout faire.
Dans une langue émaillée de bonheurs d'expression, Marie BILLET raconte ainsi le paradis empoisonné de l'enfance, jusqu'à ce que l'enfant - jugeant soudain de la condition dans laquelle on le tient - décide à tout jamais de rompre la bride : « Mais la vie, Bonne- Maman, la course de la vie, c'est comme l’eau du torrent ! Elle avance toujours, imprévisible, renouvelée, elle bouillonne, déborde, poursuivant sa route inexorable et singulière.» C'est dire que ce sont là des souvenirs d'enfance où tout le monde, pourvu d'avoir déjà un peu de la bouteille, pourra se reconnaître.

                                                                                                                  Jean-Louis Roux

     Aout 2002

"Un monde courtois et orgueilleux, cultivé et rigide, affectueux et cruel, charmant, suranné, étriqué." Un monde où l'on n'autorise pas sa fille à manier l'aiguille devant "les paysans". Où l'on va à confesse quitte à inventer des péchés. Un monde enfin où les bourgeois ne fraient pas avec les manants, même s'ils ont l'âge de courir dans la campagne ou d'aimer donner à manger aux cochons.

Marie Billet raconte ses vacances bretonnes dans le manoir familial des grands-parents où la vie s'écoule dans l'aisance, loin de la misère. A la lecture de ce livre aux phrases ciselées, on comprend comment Marie Billet, en rupture de ban, a pu devenir éducatrice spécialisée et adhérente à la CFDT.

ELYTIS  EDITION  éditeur   de  littérature  générale  à  Bordeaux