Entreprises & Carrières Septembre 2002
Résurgence des romans sociaux de la fin du siècle dernier, la mode est aujourd'hui aux romans d'entreprise mettant en scène à peu près la seule aventure qui nous est donnée de vivre : l'aventure professionnelle. Comme leurs illustres prédécesseurs – on pense à l'œuvre de Zola – la vocation de ces "nouveaux" romans est édifiante : nous ouvrir les yeux sur les turpitudes et les enjeux économiques et humains de l'entreprise moderne. LA BRANLOIRE PERENNE ne faillit pas, illustrant cette incertitude, ce branle, qui caractérise aujourd'hui l'environnement économique. En quelque sorte, l'équivalent des exercices de simulation qui servent à former les pilotes !

Critique du livre de Michel Poux : LA BRANLOIRE PERENNE

L'ENTREPRISE LIBERALE octobre 2002
Par un consultant indépendant, une réflexion sur les rapports sociaux au moyen de personnages plongés dans une situation trop courante : un conflit social dans la France actuelle...
Dominique Picard
Dimanche 5 janvier 2003
Derrière ses petites
lunettes d’intellectuel, ses yeux pétillent d'intelligence. Sa barbe
poivre et sel cache sûrement un peu de timidité, mais dévoile
aussi la quasi certitude que l'homme vit davantage en dedans qu'en dehors.
[… ] Michel Poux excelle dans l'art de présenter un roman d'une féroce
modernité. Son histoire est une réflexion froidement lucide
du monde de l'entreprise en situation de conflit social où deux mondes
s'affrontent dans un jeu de dupes sans merci. L'action se passe dans une
ville moyenne qui ressemble à s'y méprendre à Montauban.
[…]
[…] Michel Poux attaque son roman comme on monte à l’assaut du succès. Avec de belles formules littéraires qui n'appartiennent qu'à lui, de vraies réflexions sur un sujet qui intéresse tout le monde, et quelques coups de patte méchamment assénés, contre les agriculteurs et les syndicalistes, notamment. Il n'épargne pas non plus les femmes, présentées le plus souvent comme légèrement déjantées, soumises ou vénéneuses.
Si on peut lui reprocher
quelques longueurs en milieu de parcours, la chute de « La Branloire
pérenne » est magistrale. Un dernier rebondissement donne les
clefs du roman, et la descente aux enfers du héros, battu sur son
propre terrain, socialement brisé, sentimentalement trahi, seul et
perdu, est un petit « monument » d'écriture. II
dit notamment «
J'ai, quitté le ring avant. le K.0, et, j'ai gagné le confort,
de ricaner sur le stress de ces boxeurs en activité. Je n'ai, à
opposer au succès de Francisa que l'éloge de la modestie,
de la simplicité, du vrai. Les vertus prêchées par les
impuissants… »
Chapeau.
Sa désespérance finale ressemble à celle qui fait le
succès de Michel Houellbecq.
Guy RÉVELLAT
ELYTIS EDITION éditeur de littérature générale à Bordeaux