Critiques de Presse
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DIRE LOT septembre 2006 C'est sous un ciel de crêpe que la première page de l'essai de Jean-Pierre Alaux s'ouvre. Les ornières défoncées des chemins sont aussi celles de la vie. Et même si on ne veut pas s'embourber dans les souvenirs il y a toujours un vent contraire qui nous ramène là où nous avons vécu. Pourquoi contraire ? Parce que parfois cela fait mal et que les souvenirs gonflent avec les rides qui couvrent le visage, avec les ombres qui succèdent à la douleur des absences. Jean-Pierre Alaux, romancier, nouvelliste, retourne auprès de son père et entame une chronique douloureuse d'introspection. Ce père dont le soupir régulier réconforte le présent et interpelle l'avenir. Un père qui veut "tout mettre en ordre". Une façon d'être pratique, poli mais aussi de signifier qu'entre pêchers et poiriers, l'insaisissable, l'improbable faisait partis du secret de chacun et qu'il n'était pas utile de vouloir le percer. Enfin, celui des autres. Ultime rencontre entre père et fils en forme de conte. N'est-ce pas un juste et salutaire apprentissage de soi-même que de retrouver la chambre de son enfance, le lit désormais trop étroit, l'arbre qui a abrité le premier baiser et dont la taille est disproportionnée ? Jean-Pierre Alaux prétend que l'érosion du temps abîme le souvenir. C'est un point de vue et nous préférons mesurer que le temps construit aussi sur ce qu'il érode. Le retour vers le père, à l'heure où l'horloge continuera bientôt de battre pour personne, devient une sonate tendre et douloureuse, toute en paradoxe, en sensualité intime. Une nouvelle naissance incontestablement. |
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