Critiques de Presse

 

SUD-OUEST DIMANCHE novembre 2005 Yves Harté

C'est l'histoire d'Anna, maillon sensible entre deux regards, celui de sa mère et celui de sa fille, partagée entre l'heure redoutable d'un premier bilan et le désir toujours intact.

On craint un instant que le texte ne soit un témoignage déguisé. Ce n'est pas le cas. L'écriture, précise et nerveuse, impose une cadence pour parler à tous de la complexité d'une vie de femme, bien sûr. Mais aussi d'une vie tout court.

 

LE FESTIN #56

Trois femmes. La mère : un corps boursouflé que l'âge délite; une mécanique de gestes mortifères, des parôles et des regards qui pétrifient. En contrepoint, Charlotte, à la féminité naissante. Et puis, Anna, confrontée au temps qui la taraude. Vacillement d'Anna devant la tombe du père, mort il y a dix ans; vacillement que les visites répétées au cimetière ne font qu'accentuer.

Trouble d'Anna devant les nus peints par Julien, toiles-miroir qui plongent Anna dans ses souvenirs et ses fantasmes de jouissance. Béance d'Anna qu'aucune immensité ne pourra désormais combler.

A travers la magnificence ou le délabrement des chairs, l'auteur questionne âprement les rapports mère/fille, le vieillissement et l'érosion du plaisir, inéluctables. Au-delà de l'érotisme et de la crudité des mots, le roman, servi par un style alerte et une écriture acérée, est une formidable ode au vivant.